Category Archives: TRAVAIL

Lectures publiques : Le travail raconté par celles et ceux qui le font

Mardi 17 mars à la bibliothèque Anne Frank, nous avons lus douze récits de travailleur·euses de la région nazairienne.
Ou plutôt : nous avons partagés douze récits de travail et cette rencontre fut tout à fait heureuse.
C’est dire. Le public accueilli était pour l’essentiel composé de personnes âgées, résidentes et résidents de l’EHPAD voisin.

Des chemins côtiers de Saint-Nazaire jusqu’au sommet du Vésuve

Fernand, clown-marcheur
« Être clown c’est comme si on voyait tout pour la première fois, un état d’éveil, d’étonnement, de merveilleux. On invente des tas de choses à partir de là et on apprend à faire avec. Et ça remonte à notre enfance.
Je pense être avant tout un clown poétique qui s’émerveille des choses, qui les prend comme ça, au quotidien, et les transforme pour leur donner encore plus d’émotion. Mais l’émerveillement devant la beauté des choses ne peut pas faire le silence sur nos défauts, nos échecs de la vie courante. Le clown butte dessus, s’y confronte, les assume en quelque sorte. ».

Parole recueillie et mise en récit dans le cadre du projet Travail et territoire
en collaboration avec La Compagnie Pourquoi se lever le matin !

En visite à la cantine de TotalEnergie

Lundi 9 février 2026, le CCP était à la cantine de TotalEnergie avec son CSE.
Les premiers travailleurs et travailleuses passent devant le stand éphémère du CCP, prennent leur plateau-repas et leurs couverts. Certains jettent un regard, d’autres ne le remarquent pas, mais tous entendent : « Bonjour, vous connaissez le CCP?» Les réponses fusent : « Oui, non, c’est quoi ? »

« Travailler à Saint-Nazaire » : le recueil de textes et photographies des récits de travail

Depuis 2022 la compagnie Pourquoi se lever le matin ! publie des récits réalisés dans la région de Saint-Nazaire sur le thème Travail & Territoire. Depuis 2024, le Centre de Culture Populaire de Saint-Nazaire s’est associé à cette démarche en recueillant des récits de travail et en les partageant au cours de nombreuses lectures publiques.

Quelques-uns de ces récits s’échappent des sites où ils sont publiés pour arriver entre vos mains sous la forme d’un recueil de textes et photographies.

La technologie permet de produire des raisonnements même si ce ne sont pas du tout des raisonnements humains

Jean-Baptiste, informaticien… entre autre
[…] Au début de ma carrière, passionné par le microprocesseur – ce circuit avec les millions de transistors – je voulais comprendre comment le processeur allait exécuter au plus vite et le mieux possible les instructions que je lui donnais. À cette époque, je suis complètement technocentré. À la fin de ma carrière, au contraire, j’explique aux informaticiens : « Votre utilisateur n’en a rien à faire de savoir comment marche votre truc. Ce qu’il veut c’est quelque chose qu’il comprenne tout de suite, un écran sur lequel il a une prise et qui s’occupe de leur problème…»

Parole recueillie et mise en récit dans le cadre du projet Travail et territoire
en collaboration avec La Compagnie Pourquoi se lever le matin !

Récits de travail au lycée Brossaud-Blancho de Saint-Nazaire

Le CCP poursuit l’activité « Récits de travail dans la région nazairienne » en prolongeant la démarche en direction des scolaires, en particulier des élèves du lycée professionnel confronté·es à l’entrée prochaine dans le monde du travail. En collaboration avec l’équipe enseignante, Frédérique Lamblin, Marilaure Mahé et Pierre Madiot interviennent au lycée professionnel Brossaud-Blancho.

Tatoueuse : un métier-passion

Iza, tatoueuse
Je n’oublie pas que je travaille sur le corps de quelqu’un et que ce que je vais y graver ne s’effacera pas ! Si quelque chose ne plaît pas, je peux faire évoluer le projet, mais je veux que ça reste « mon dessin ». Ce à quoi le client est en droit de répondre : « Oui, mais c’est mon tatouage »… Il faut trouver un juste équilibre entre mon style personnel (…) et le désir du client de s’approprier son tatouage comme un élément de sa propre identité…

Parole recueillie et mise en récit dans le cadre du projet
Auteurs associés en Pays de la Loire

Les lumières de la ville sont un service public

Laurent, électromécanicien au service de l’éclairage public et syndicaliste
« C’est comme ça que je conçois le service public. Et que je le défends. Mais je dois dire que les usagers ne sont pas faciles avec nous. Quand l’éclairage de la rue est en panne pendant deux ou trois jours, ça gueule. Les gens ne se rendent pas compte que nous n’y sommes pour rien si le chef nous a envoyés ailleurs, ni que nous ne sommes plus que trois équipes, une par camion. Les gens se plaignent. »

Parole recueillie et mise en récit dans le cadre du projet
Auteurs associés en Pays de la Loire

Manœuvrer une masse de plusieurs tonnes réclame beaucoup d’énergie et de concentration

Kévin, opérateur chez un sous-traitant dans l’industrie du bassin nazairien
« La journée de travail commence quand le team leader me donne une opération à faire en binôme. On ouvre alors la tablette qui contient des directives écrites et des dessins techniques qu’on doit respecter de manière précise, étape par étape. J’ai donc devant moi une grosse pièce à laquelle je vais assembler d’autres pièces en effectuant des serrages plus ou moins forts sur les vis et les boulons. […] Comme il y a des normes industrielles, ce travail réclame un petit peu de connaissances de la part de l’opérateur. Mais, grosso modo, il s’agit de dérouler un programme un peu comme on suivrait un mode d’emploi ou une notice de montage. »

Parole recueillie et mise en récit dans le cadre du projet
Auteurs associés en Pays de la Loire

Prendre du plaisir dans son métier, c’est le plus important

Nicolas, horloger
« Dans mon métier, il n’y a pas de place pour la médiocrité. Les pendules anciennes, les réveils, les montres sont des objets précieux, parfois très chers. […] Je m’occupe de les réparer, de leur rendre leur lustre ancien en repolissant un verre, en remettant complètement en état un mécanisme ou simplement en changeant un joint. Ce sont des tâches qui se répètent de semaine en semaine mais dont la variété, tout au long de la journée, rendent le travail captivant. »

Parole recueillie et mise en récit dans le cadre du projet
Auteurs associés en Pays de la Loire

« Ce que nous voyons, c’est qu’ils sont toujours présents avec leur bonne humeur »

Dominique, bénévole à la maison de quartier La Chesnaie-Trébale pour les cours d’alphabétisation
« Les migrants dont nous nous occupons n’ont jamais été scolarisés dans leur pays. Ceux qui possèdent malgré tout quelques rudiments en matière de lecture et d’écriture découvrent un nouvel alphabet et une écriture de gauche à droite. Quelques-uns n’ont aucune notion. Nous formons donc des petits groupes de quatre ou cinq personnes de niveau équivalent qui se répartissent dans cette grande salle. Surtout pas de cours magistral ! »

Parole recueillie et mise en récit dans le cadre du projet
Auteurs associés en Pays de la Loire

Les gâteaux de Denis

Denis, pâtissier
« Je voulais vivre du produit de mon travail, être maître de ma production et la vendre. Ne pas avoir à employer de personnel, d’être obligé d’investir sans cesse dans l’acquisition de nouveau outils. Au contraire, je voulais réduire au maximum le travail administratif ; adapter ma production pour en vivre correctement et non l’inverse. Avoir le plaisir de produire de mes mains, être en relation avec la clientèle. »

Parole recueillie et mise en récit dans le cadre du projet
Auteurs associés en Pays de la Loire

Récits de travail : ateliers autour du collectage et de la mise en récits

Le CCP vous invite à participer à l’une, à plusieurs ou à la totalité des différentes étapes de la production et de la diffusion de récits de travail.
Vous souhaitez participer au collectage de récits de travail et/ou aux lectures publiques ? de façon régulière ou occasionnelle ?
Le groupe se réunit dans le local du CCP (10 place P. Bourdan à St-Nazaire) le 2e jeudi de chaque mois :

  • La prochaine date : jeudi 7 avril 2026 de 17h à 19h.

Poursuite de l’activité « Récits de travail dans la région nazairienne »

En 2025 / 2026, le CCP vous propose de déployer ensemble projet « Travail et territoire dans la région nazairienne » qui s’est déroulé l’an passé.
Nous vous invitons à participer à l’une, à plusieurs ou à la totalité des différentes étapes de la production et de la diffusion de récits de travail.
Nous avons envie de prolonger la démarche en direction des scolaires, en particulier des élèves du lycée professionnel ou des classes post-bac, confronté·es à l’entrée prochaine dans le monde du travail. N’hésitez pas à nous solliciter !
Vous souhaitez participer au collectage de récits de travail et/ou aux lectures publiques ? de façon régulière ou occasionnelle ?
Le groupe de travail se réunira dans le local du CCP le deuxième jeudi de chaque mois de 18 h à 20h : (Les premières réunions sont prévues les 9 octobre, 13 novembre et 11 décembre).

« Pour une fois, tous les ouvriers des Chantiers avaient été conviés à la cérémonie du lancement du Queen Mary 2 »

Laurence, décoratrice aux Chantiers de l’Atlantique
« La période où j’arrive sur les bateaux est celle de la finition, après que les métallos ont assemblé les blocs de tôles dans les hangars et les ont amenés avec les portiques géants pour les souder les uns aux autres comme un jeu de construction colossal. J’interviens pendant le dernier quart de la construction. […] Pendant plusieurs mois, j’assiste ainsi à sa lente transformation, jusqu’au moment où survient une dernière accélération où tout se met en place. Et ce qui était un pur assemblage de tôles brutes devient un lieu de vie confortable, séduisant, parfois somptueux.  »

Lectures publiques des récits de travail du projet « Travail et territoire »

Dans le cadre du projet Récits de travail : « Travail et territoire mené avec la Compagnie Pourquoi se lever le matin ! le CCP poursuit le temps de restitution de la parole récoltée des travailleur·euses de la région de St-Nazaire.

Nous vous invitons à une nouvelle lecture publique :

  • DIMANCHE 18 MAI au Jardin public de St-Molf

Une lutte de tous les instants pour maintenir le meilleur service

Sébastien, agent de circulation à la SNCF
« En plus de gérer la circulation des trains sur les voies, je suis amené à vendre des billets, accueillir les usagers et même faire l’entretien des bâtiments […]. À force de rogner sur les effectifs, on n’arrive plus à entretenir correctement les voies, les incidents se multiplient, les retards s’accumulent, on ne peut plus renseigner ni vendre correctement si l’usager n’a pas internet. Qui est gagnant ? »

Trouver un terrain d’entente

Émilien, entrepreneur en rénovation immobilière
« Un matin, un sous-traitant me fait savoir qu’il veut arrêter son activité, alors qu’on a plusieurs chantiers en cours. C’est un couvreur, une spécialité très difficile à trouver. Comment faire ? Il ressort des discussions que nous avons avec lui, qu’il veut changer, partir dans un autre secteur d’activité : « J’en ai marre d’être dans le froid je n’en peux plus. J’ai 47 ans, je veux faire autre chose. »

Un médecin entre La Baule et St-Nazaire : « Je ne suis pas là pour juger »

Gwénaelle, médecin urgentiste, SOS médecins
« En général, les ouvriers de Saint-Nazaire sont assez fiers de travailler dans des entreprises qui construisent des paquebots et des avions connus dans le monde entier. […] Ayant conscience de leur « savoir faire », ils se sentent légitimes dans leur domaine. Du coup, ils reconnaissent aussi ma légitimité et on entre dans un dialogue d’égal à égal en termes de compétences dans les domaines qui sont les nôtres. »

« Mon café-théâtre, c’est ma scène »

Véronique, gérante de « La P’tite scène des Halles »
« Beaucoup de troupes déjà programmées reviennent lorsqu’elles ont monté de nouveaux spectacles. Elles aiment la proximité avec le public, la convivialité. Chaque fois, c’est ce qui ressort. Et puis, on a instauré une belle écoute. On ne sert pas pendant les spectacles de théâtre. Pour les spectacles musicaux, c’est différent… Quand on fait le bal Forro, on enlève toutes les tables. Du coup, c’est autre chose, tout le monde peut venir. Les gens dansent, c’est une bonne ambiance. »

Parole recueillie et mise en récit dans le cadre du projet
Auteurs associés en Pays de la Loire

J’étais la seule personne que ce petit monsieur reconnaissait

Fabienne, aide-ménagère
« Je dois porter beaucoup. Je suis fatiguée. Mais ce qu’on ne voit pas et qui demande une autre forme d’investissement, c’est l’écoute des gens. Je m’efforce d’être très attentive, de savoir repérer les petits signes que, peut-être, la famille ne voit pas toujours. Il m’arrive souvent de mal dormir parce que j’emmène le boulot à la maison dans ma tête. Mon métier est d’être en relation avec des humains, donc ce n’est pas facile de lâcher. »

Parole recueillie et mise en récit dans le cadre du projet
Auteurs associés en Pays de la Loire

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