Category Archives: Récits de travail – Textes de récits

L’estuaire et les torchères

Jérémy, opérateur extérieur sur un site industriel

« Si les gaz en surpression s’échappaient à l’air libre, on aurait des nappes incontrôlées, qui pourraient s’enflammer à tout moment. Pour éviter ce phénomène, les gaz sont récupérés à la sortie des soupapes et dirigés vers les torchères, qui sont allumées en permanence. Et on est particulièrement vigilant par rapport à l’électricité statique, ou aux orages pendant les chargements et déchargements. Ici, tout le monde se souvient du Princess Irene, un pétrolier qui avait explosé en août 1972. »

Parole recueillie et mise en récit dans le cadre du projet
Auteurs associés en Pays de la Loire

« Ce jour-là, je n’ai pas fait de sel… »

Perrine, paludière

« Au mois d’août, il y a eu une belle fenêtre. On s’est dit : “ Allez, ça va partir ”. En fait, l’eau des circuits était tellement peu salée… Pour le moral c’était très dur. Quand le premier sel arrive, c’est la fête, c’est la récompense, le fruit de ton travail. Et en plus, c’est beau. Ça y est ! Tu enlèves les bottes tu n’es plus dans la vase, tu es dans le sel… Et non, la saison passée, ce moment n’est jamais venu, ou très peu. Il faut espérer qu’on ne soit pas dans une vague de mauvaises saisons. »

Parole recueillie et mise en récit dans le cadre du projet
Auteurs associés en Pays de la Loire

Itinéraires d’un attineur

Yvan, magasinier aux Chantiers de l’Atlantique
« J’entends le bruit des masses, les chocs de tôles, les alarmes des portiques et leur klaxon qui signale le moment où ils lèvent la charge, le vacarme des véhicules, munis d’un bras articulé, qui transportent le matériel. On appelle ça des « traînes ». Les tôles placées sur le chariot claquent à chaque cahot. Et puis, il y a le gaz du fil fourré, en fusion avec la céramique qui sert à envelopper la soudure au fur et à mesure qu’elle avance. C’est âcre, ça prend à la gorge. »

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