La résidence de Juliette Achard

La résidence de Juliette Achard à Saint-Nazaire s’est déroulée en deux périodes (novembre 2021 et janvier 2022).

Elle a suivi plusieurs axes.

  1. Recherche en vue de l’écriture et de la réalisation d’un film
  2. Tentatives de mise en place d’ateliers vidéo dans des entreprises
  3. Partenariat avec le cinéma Jacques Tati : programmation de films pour une réflexion sur le cinéma politique, le travail au cinéma et le travail du cinéaste
Recherche en vue de l’écriture et de la réalisation d’un film

À son arrivée à Saint-Nazaire, Juliette Achard a cherché à découvrir la géographie, l’histoire et la sociologie de la ville et ses alentours.

  • En cheminant à pied ou à vélo à travers la ville, dans le quartier des chantiers navals, le long du sentier côtier, au port jusqu’à la raffinerie, dans les marais de Brière, jusqu’au bout de la presqu’île (Le Croisic) et de l’autre côté du pont.
  • En rencontrant des personnes qui vivent à Saint Nazaire (salariés, responsables, membres d’associations, réalisatrice radio…).
  • En étudiant l’histoire et en collectant des documents : lecture de livres, visionnage de films tournés à Saint-Nazaire, visite de l’Ecomusée.

Cette exploration effectuée principalement à pied lui a permis : « de découvrir la singularité d’un paysage où se côtoient sans cesse des éléments naturels puissants (l’océan, le fleuve, le vent…) et une activité humaine imposante (urbanisation, routes, industries…) ». Juliette Achard a pris un très grand nombre de photographies, « manière de “prendre des notes” ».

Au cours de la deuxième période, Juliette Achard a fait de nouvelles rencontres qui n’avaient pas été possibles en novembre.

Elle s’est surtout concentrée à définir un projet de film.

« En considérant avec un peu de recul ce qui m’a paru le plus remarquable en arrivant à Saint Nazaire (l’industrie à ciel ouvert) et les rencontres qui m’ont le plus touchée (principalement avec des ouvriers), j’ai décidé de mener une réflexion sur le Travail. Non pas les conditions de travail, ni les gestes du travail, mais la société du travail dans laquelle nous vivons. Ce qui m’intéresse c’est de confronter une critique catégorielle du travail avec la réalité – du moins avec quelques fragments de la réalité – matérielle, via une série de portraits et des prises de vue tournées à Saint Nazaire. »

Elle s’est attelée à relire ses notes, trier ses photos, rédiger un résumé. Elle a également effectué des essais techniques.

A la suite de cette résidence, il lui faut revenir sur son travail de recherche, sur son « brouillon de scénario », définir les moyens de production nécessaires pour la mise en œuvre du projet de film, estimer le budget du film, rechercher les financements… Bref un long chemin avant de réussir à réaliser son film.

Tentatives de mise en place d’ateliers vidéo dans des entreprises

Juliette Achard a fait une proposition de séances “d’éclairage” sur le cinéma au sein de deux entreprises, Exxelia et Total, qui n’ont pu se concrétiser.

Les premières pierres pour la réalisation d’un film de commande participatif avec le COS de Saint-Nazaire ont été posées. À suivre…

Partenariat avec le cinéma Jacques Tati

Juliette Achard a présenté une carte blanche au cinéma Jacques Tati en deux séances qui constituaient un seul programme. « Il y était question de cinéma, de politique, d’esthétique, de fabrication des films, etc. »

Cette carte blanche a été possible grâce à l’équipe du Tati qui lui a laissé champ libre et offert les moyens d’organiser ces séances. C’est le cinéma qui a payé la location des copies des films et s’est chargé de la communication.

Juliette Achard considère ces séances « comme un succès car le public m’a semblé nombreux et attentif : pour les retours que j’ai eus, les spectateurs ont été sensibles à ce qu’ils ont pu voir et entendre.

Je suis très heureuse de la présence dans la salle de personnes rencontrées au cours de ma résidence – principalement des ouvriers – qui n’avaient pour certains jamais mis les pieds au Tati, ne vont presque jamais au cinéma, n’ont pas de “culture” cinématographique ni artistique. J’espère (je crois) que ces séances leur ont donné accès à quelque chose d’inhabituel dont ces personnes se souviendront. Et, si les films que nous avons vus sont d’ordinaires projetés par et pour les élites culturelles (universitaires, journalistes, responsables de musées et autres intellectuels des grandes villes), ils ont atteint ici le public auquel les cinéastes les ont en réalité destinés. Il faut retenir qu’à Saint Nazaire, en 2022, cette rencontre est encore possible, cela compte beaucoup pour moi. »

Toute l’équipe du CCP espère que le projet né de cette résidence pourra voir le jour. Nous espérons pouvoir encore aider Juliette Achard lors du tournage et surtout l’accueillir à nouveau pour la présentation de son nouveau film.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.